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BIEN ÊTRE EN SOI ET ENSEMBLE EN HARMONIE

(Des microsociétés agro-éco-responsables répondant à des systèmes de valeurs à l'échelle humaine, dans une formule de gestion coopérative et équitable)


Le bien-être en soi


La Covid a mis en évidence le traitement fait à nos aînés. La population est vieillissante. En toute bonne société humaine, par le passé on a développé des services publics pour les accueillir : RPA, CHSLD... Ces services coûtent une fortune à l'État. Ces services coûtent une fortune aux bénéficiaires, soit 2 000 $, 3 000 $ voire même plus de 8 000 $ par mois. Dans toute sa vie, une famille moyenne aura payé sa maison, accumulé quelques économies et, selon le cas, un fonds de pension. À ces acquis s'ajouteront les pensions et prestations courantes. À ce rythme-là, au bout de quelques années, les économies auront été vite dilapidées. En passant, l’individu qui n'aura rien accumulé aura le même traitement qu'un autre qui aura accumulé des réserves financières, c'est démocratique.


Dans tout ce développement, on entend des expressions telles « ce sont des prisons dorées », des « mouroirs », « un bain aux deux semaines ». Après des vies actives, les bénéficiaires sombrent dans l'ennui, la léthargie, et ainsi la plupart seront atteints de l'Alzheimer accéléré en deux ans. Pas surprenant, la misère côtoie la misère et voir ainsi ces vies se désagréger ne peut qu'entraîner la déprime et l'abandon de toute rétention à la vie. Bien plus que d'assurer les besoins vitaux physiologiques, animer notre raison de vivre n'est pas réservé qu'aux personnes âgées, c'est une motivation pour chacun dans toutes les étapes de sa vie et c'est à lui seul d'y voir. Il s'agit ici d'animer nos raisons de vivre, notre vie de l'âme, notre vie spirituelle, cette raison qui nous fait nous lever allégrement le matin et nous coucher le soir en tout repos de satisfaction. Bien sûr, quand nous n'y avons pas vu de toute sa vie, pouvons-nous penser que ce plat de qualité nous sera servi sur un plateau d'argent? Nous avons un monde à reconstruire sur des bonnes bases de valeurs. Pouvons-nous passer du « perdre sa vie à la gagner » au « faire plutôt que de nous faire faire »? Construisons notre monde à l'image de nos attentes, de ce qui nous est le plus cher et faisons-le.


Chacun a son cell*, on est dans un monde pourtant d'hypercommunication et d’hyperinformation et pourtant, chacun se retrouve dans sa bulle individuelle, souvent dans des solitudes profondes. Chacun est spécialisé dans un domaine pointu, capitalise sur son salaire et achète des services de tout acabit. Même les loisirs tuent le temps plutôt que d'exulter ce temps qui est si précieux.


Il semble irréversible et même impensable de se passer de toutes ces technologies. Pourquoi ne pas voir tout cela comme simplement des outils et revenir à l'essentiel de ce que l'on veut vraiment de sa vie, soit des systèmes de valeurs qui font vivre à tous les niveaux : assumer ses besoins matériels, oui, mais dans ce qui anime et fait vibrer profondément.


Pouvons-nous penser à une structure de micro-société à caractère écologique, sociétale, harmonieuse? Des unités familiales de tous âges, ayant des intérêts communs, écologiques, empathiques, voués aux intérêts collectifs, tout en développant la culture d’une vie personnelle dans une unité collective?


Pensons à nos anciennes structures sociales rurales, où l’on pouvait retrouver trois ou quatre générations dans une même maison. Même si les anciens pouvaient être déphasés face au développement technologique du moment, ils apportaient des notes de sagesse et de réflexion face au développement. Ils étaient ce trait d'union entre ces mondes de plus en plus rapides dans leurs transformations. Les enfants, les ados, les adultes dans la trentaine, la quarantaine, la cinquantaine, dans le feu du développement, pouvaient s’accorder une réflexion sur le maintien des valeurs, des raisons de vivre, des connaissances transmissibles... Le tout se faisait réciproquement, dans le respect, selon la générosité, la bonne nature d'un savoir-vivre qui ne peut que nous revenir en fin du compte, mais surtout être de bonne nature car c'est notre nature de l'être. Les anciens n'étaient pas déracinés du monde qui les avait vu naître et dans le milieu qu'ils avaient contribué à développer et à léguer aux suivants. Ils avaient toute leur place, la reconnaissance, le respect et plus que tout l'Amour.


On parle aujourd'hui d'aidants naturels, les anciens avaient toute leur place comme aidants des plus naturels envers leurs plus proches, leur famille immédiate et le voisinage. Ils aidaient à leur mesure dans les tâches quotidiennes, et faisaient les ponts entre le gardiennage des enfants, l’entretien du potager, et le quotidien, surtout cette vie sociale de tous les jours pimentée par un sens de la vie. On ne peut reproduire intégralement un tel modèle qui semble issue d'un passé trop lointain.


Mes affinités me portent vers une infrastructure rurale « écosociétale » écologique. Un même modèle pourrait s'adapter à un milieu urbain. Rien n'empêche qu'une telle « écosociété » rurale puisse entrer en complémentarité avec une « écosociété » urbaine, et inversement. Par exemple, une propriété terrienne, rurale, gérée dans une formule coopérative où chacun aurait un espace terrain d'au plus un hectare où il pourrait se bâtir une résidence personnelle et la plus écologique possible et approuvée par l'ensemble des coopérants. Des espaces communs seraient accessibles à l'ensemble de la coopérative : boisé géré écologiquement, incluant sentiers pédestres, érablière, champignons, noix, et autres ressources. Un espace commun serait réservé à une agriculture de subsistance où les surplus pourraient aussi être vendus à l'extérieur.


Quelques animaux de ferme pourraient être gérés collectivement. Une petite vache laitière du type Jersey peut fournir du lait pour une dizaine de familles (quand mes enfants étaient jeunes, nous avions notre petite Jersey qui donnait ¾ d’une chaudière de lait, soir et matin. Elle se balançait de plaisir à chaque fois que je l'appelais pour la traire dans le champ, pas attachée). De nos jours, de plus en plus de gens gardent des poules, même en ville. C'est facile d'intégrer un poulailler à cet ensemble. Bien d'autres animaux pourraient ainsi être considérés : lapins, chèvres... Selon les choix personnels, un couple de chevaux du type Haflinger pourrait faire la joie de plusieurs. Ce sont des chevaux doux, polyvalents, frugaux. Ils peuvent être montés, tirer une voiture de plaisance, faire certains travaux de la ferme ou en forêt, tel que le débusquage. On pourrait prévoir des espaces pour le paquage et la récolte de foin et peut-être pour le grain de subsistance. Quel plaisir de s'entourer d'un tel univers de vie … bien vivant. On cloisonne souvent, on a ici à portée de main … de la zoothérapie. On s'intègre à cette routine d'entretien et de partage collectif.


Il n'est pas nécessaire d'avoir chacun un atelier de travail, garage ou autre espace destiné aux travaux d'ébénisterie, de menuiserie, de mécanique, de soudure, de poterie ou autre. On pourrait aussi penser à intégrer une cuisine collective utile à la récolte, à une première transformation des fruits et légumes et autres produits de la ferme. La place serait toute là pour des potagers personnels et collectifs, de même que les fruitiers.


Nous n'y échappons pas, il faut, bien sûr prévoir une capitalisation qui peut non seulement assurer notre investissement de base, mais aussi garantir nos besoins courants. Nous pouvons diminuer notre consommation moins nécessaire, nous assurer de produits essentiels des plus frais et écologiques, tout en créant une activité saine et un loisir qui devient notre bonheur de vivre à tous les jours. En intégrant ainsi nos activités récréatives et pourvoyeuses de biens et services répondant à nos valeurs et motivations de vivre, il me semble réaliste de diminuer notre temps de travail de probablement de moitié. De plus, graduellement, il pourra arriver que ce qui nous anime profondément puisse devenir notre principale façon de capitaliser, afin d’assumer nos besoins de base, telle la capitalisation de notre valeur foncière personnelle, dans notre résidence personnelle, ainsi que dans notre quote-part dans l'investissement de base de la coopérative, tout comme dans les dépenses courantes ainsi que le développement coopératif.


La pandémie nous a proposé le travail à domicile. Il me semble évident que cela pourra faciliter le transfert d'une activité publique à un tel genre d'activité vivrière, soit une activité qui nous tiens à cœur et qui nous fait vivre dans un bon quotidien que l'on a choisi, dans une saine culture de tous les jours.


Le fait d'intégrer la prise en main de nos besoins vitaux optimise son efficience et rend notre vie collective plus humaine. On a vu les problèmes de manque de disponibilités en main-d’œuvre dans nos garderies. Souvent, les grands-parents devaient pallier ces manques. Ici, dans le propos, nous n'avons pas à demander à qui que ce soit, il va de soi que les enfants pourraient s'intégrer dans la vie familiale et exiger un faible pourcentage de l'activité de la maisonnée. Une garderie collective pourrait aussi être créée dans l'environnement connu des enfants et des adultes, si nécessaire.


[Dans un tel cas de figure], les ainés côtoieraient les autres générations. Ils n'auraient pas besoin de soins à tous moments et pourraient participer aux activités pratiques et aux loisirs quotidiens. Ils pourraient participer, par leurs expertises et habiletés, à la formation manuelle et technique des membres des autres générations et ainsi contribuer au développement d’un meilleur équilibre entre le monde théorique et pratique, et cela va dans les deux sens. Avec les coûts sociaux connus que génèrent nos aînés, il y a certainement de la marge financière pour un service privé d’infirmière ou d'une visite à domicile d'un médecin, au besoin. La perspective d’être bien au quotidien et bien entouré assurerait cette qualité de vie que l'État ne peut fournir avec une gestion en silo concernant la santé.


On s'est penché sur la raison voulant qu’il y ait des endroits où les gens ont une vie longue et heureuse. Okinawa au Japon, la Sardaigne, la péninsule de Nicoya au Costa Rica, Ikaria en Grèce, sont de tels endroits. Ikigai est le nom donné par les japonais pour signifier la raison de vivre, se tenir occupé dans ce qui fait vivre. Le mot « retraite » n'existe pas. Comme dénominateurs communs, ce sont les jardiniers d’esprit positif, l’entraide, le bonheur de vivre communicatif, la saine alimentation...Trouver son Ikigai revient à chacun de se mettre sur sa propre voie d'accomplissement qui conduira vers la paix, la sérénité... et une bonne vie.


Jacques Hébert

Les Jardins Vivaces

594, George Muir

Québec, Québec G2N 2H2

418-849-7609

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