Les Jardins vivaces de Charlesbourg
Un sol de qualité PDF Imprimer Envoyer

CULTIVER UN SOL DE QUALITÉ  EN OPTIMISANT LES CYCLES D'ÉCHANGES NATURELS SOL-PLANTE-CHAMPIGNON AVEC L'UTILISATION DES BRANCHES DE FEUILLUS BROYÉES (BRF)

Par Jacques Hébert, mars 2013

Beauté, harmonie et la vie autour de soi qui se renouvelle sans cesse

 

Les meilleurs sols que l'on retrouve dans la nature sont ceux des alluvions de fleuves et rivières. L'érosion des terres en amont a amené des limons qui sont venus enrichir les terres bordant ces cours d'eau. Si on laissait la nature à elle même, il n'en faudrait que quelques années pour que la forêt se réinstalle. Cette forêt entretient ces cycles de vie du sol. Les feuilles et brindilles tombées de l'arbre sont recyclés couche par couche, année après année. Les champignons vont transformer cette matière fraîche en sels minéraux rendus solubles aux plantes. Les champignons font cette transformation par des enzymes, comme dans l'estomac. Microflore et microfaune se mettent aussi de la partie dans cette transformation cyclique. L'arbre, comme les plantes déploient leur partie épigée (aérienne) comme un capteur solaire. Par la photosynthèse, les plantes développent des polysaccharides, des sucres, qui sont acheminés par voix de canalisation descendantes et alimentent entre autre les champignons qui eux les transforment en sels minéraux pour les plantes et autres formes de vie du sol. Les champignons ne font pas de photosynthèse. Ils comptent sur les plantes pour le faire. Il y a symbiose, une codépendance constructive dans toutes ces composantes pour harmoniser ce tout que l'on peut appeler réseau trauphique, soit un réseau de vie. De telles bonnes conditions génèrent un sol de haute gamme du type mull.

Il faut bien comprendre que lorsque nous commençons à jardiner dans un nouveau site, nous sommes bien loin d'un tel type de sol. Notre objectif est de recréer un tel type de sol de grande qualité, et de maintenir cette qualité.

J’ai développé, dans mon compost, une culture d’un humus apparenté à cet humus de type mull. Je nourris cette culture de Branches de feuillus broyées (BRF), principalement climaciques (feuillus nobles) frais. J’ajoute environ 2 à 3% d’argile que je dissous dans le substrat. Cet argile apporte mon complexe argilo-humique.

Minéraux argileux et humus liés ensemble constituent le complexe argilo-humique, CAH. En principe l’argile et l’humus sont chargés négativement. Ils devraient donc se repousser.  Le lien entre l’argile et l’humus se fait par des ions positifs. Ce lien électrique est cependant instable et ne peut pas durer dans le temps. En 1996, Sara F. Wright a fait la découverte de la glomaline. Les champignons vont particulièrement produire cette glomaline, une substance, comme une colle,  chargée positivement qui va stabiliser le CAH. Cette glomaline est une glycoprotéine hydrophobe thermotolérante qui a comme propriété de stocker du carbone sous forme de protéines et de glucides. Elle se décompose lentement et s’accumule dans le sol tout en rendant les sels minéraux disponibles aux plantes. Vous avez donc ainsi une réserve, une banque de nutriments disponible dans le sol pour alimenter les plantes et microorganismes du sol. La glomaline retient l'eau et favorise les échanges gazeux ce qui permet donc l'aération du sol. Le CAH, via la glomaline, constitue une composante importante dans la pédogénèse. Les lombrics (vers de terre) vont aussi produire naturellement de la glomaline. Tout comme les champignons, ils développent des enzymes. Les lombrics peuvent ingérer jusqu'à 10% du sol vivant de surface par année. Leur déjection est un compost pur. C'est bien connu que les lombrics vont contribuer à ventiler le sol. Nous générons un sol riche en humus. Un humus plus riche entraîne plus de lombrics et donc plus de glomaline. Les cycles de la vie sont donc bonifiés. Ce n’est pas un hasard si je travaille avec les argiles et les champignons combinés à la fine branche de feuillus broyés depuis des décennies.

Que ce soit dans le tas de compost comme en pleine terre, les champignons Saprophytes travaillent comme ceci: « These fungi secrete enzymes and acids that degrade large molecules of dead plants into simpler molecules, which the fungi can reassemble into building blocks, such  as polysaccharides, for cell walls. From dead plants, fungi recycle carbon, hydrogen, nitrogen, phosphorus, and minerals into nutrients for living plants, insects, and other organisms sharing that habitat.” Stamet, 2005)  Je mélange toujours une partie de ma veille culture de compost avec les BRF Feuillus frais. Il y a donc transport des microorganismes déjà actifs dans ce nouveau substrat « rajeuni » par du BRF frais. Il est bon d’utiliser une polyvalence des essences forestières pour notre BRF. Chacune des essences amène des caractères particuliers, que ce soit au compost comme au mulch (paillis), par exemple, les Quercus amènent entre autre des phosphatases. De la même manière, il est préférable d’utiliser plusieurs variétés de champignons saprophytes dans le compost, ce qui amènera différents caractères et valeurs au substrat. Orchestrer la culture des champignons fait toute la différence. Sinon, vous allez vous fier au hasard du fait que dans votre milieu il y ait ou pas des champignons qui pourraient être utile aux processus de transformations. Encore une fois, vous pouvez vous fier à ce que votre culture de champignons vienne coloniser vos tas de compost dans l’entourage, moi je préfère les coloniser par inoculation de mycéliums au bon moment dans le processus de transformation et à la bonne température. Vous pouvez aussi le faire par les spores.

 

Stropharia Rugosa Annulate

 

Bien sûr, il y a une certaine montée de température, lors de l’introduction de BRF Feuillus frais et il en faut pour démarrer le processus de transformation à l’humus. Je fonctionne quand même à basse température. Le contrôle de la température se fait par le ratio du mélange. Plus il y aura de proportion de vieille culture, moins il y aura de montée de température… et l’inverse est aussi vrai. Je fais monter la température en introduisant l’argile. Dans tous les cas, le substrat doit être homogène. Une concentration de BRF mal mélangé va générer des hausses de température à ces endroits, ce qui est à éviter. Vous recouvrez votre tas de compost d’une couche d’environ 5 cm de BRF Feuillus et vous laissez fermenter. Vous ajoutez vos mycéliums au bon moment.

C’est ainsi que j’obtiens, entre autre, en 2012 un compost qui teste à plus de 25% de matière organique, un ph régulier de 7.5, ce qui est même un peu basique, contrairement à ce que l’on dit du BRF qui serait acidifiant. Mes nitrates varient entre 6.5 et au-delà de 10 ppm dépendant de la période d’introduction du nouveau BRF au substrat. Quand vous parlez de pénurie d’azote dans l’usage des BRF, cela ne s’applique pas ici. La culture et le travail des champignons et des bactéries font toute la différence. J’ai un C/N qui va de 15/1 à 30/1, toujours dépendant de la période d’introduction du nouveau BRF au substrat, le BRF pur étant à la base probablement environ 200/1. Le Ca atteint au-delà de 10000 kg/ha. C’est connu que le phosphore est un élément important dans la fertilité du sol. Le Phosphore dépasse 300Kg/ha, ce qui fait 133.93mg/kg, ce qui est très bon. Le K dépasse 2000Kg/ha, le Mg dépasse 650 Kg/ha, le Zn dépasse 8 ppm, le Cu est entre 2 et 3 ppm, le Mn est entre 30 et 40 ppm, le B est entre 3 et 4 ppm, le Fe dépasse 400 ppm.  Al varie autour de 40 ppm. L’argile, c’est en bonne partie de l’aluminium. L’aluminium serait inhibiteur de croissance. À 40 ppm, c’est un minimum. Ce qui veut dire que le substrat, dans toutes ses compositions, mycéliums y compris, aurait digéré, assimilé et transformé cet argile. Comme on l’a vu, l’argile, via le CAH et l’action des champignons, fait une grande différence dans la structure du compost.

Mon compost est applicable et utilisable immédiatement. Il va même se bonifier avec le temps si on utilise les méthodes de permaculture. On monte une butte de 20 à 30 cm d’épaisseur sur 1,5 mètre de large avec ce compost et on recouvre de mulch (paillis) de BRF feuillus frais. Cette couche de mulch sert à alimenter et maintenir le milieu ambiant écosystémique humide et fertile pour que cette vie se maintienne et se perpétue dans le temps, la participation des champignons surtout Saprophytes, du type pleurote, qui sont lignivores, ou encore Stropharia Rugosa Annulata, faisant partie intégrante de cette bio-transformation cyclique de formation d’un tel sol de qualité. Il n’y a pas de déperdition de vitalité dans les plate-bandes ici comme chez mes nombreux clients qui utilisent mes mêmes méthodes et mes produits. Si vous n’utilisez pas de mulch  de BRF Feuillus, les champignons vont manquer de nourriture et de milieu de vie. Ils vont rester stationnaires, en attente, migrer là où il y a de la nourriture et un milieu ambiant pour eux, ou tout simplement mourir.

Si vous partez d'un sol minéral à peu prêt stérile de vie, je conseille une application de 30 cm de mon compost et 2 cm de mulch de BRF Feuillu. Réduisez la quantité selon la qualité plus ou moins bonne de votre sol. Il est préférable de ne pas mélanger le compost avec le sol de votre plate-bande ou jardin.

 

Mycéliums


Si vous voulez amender vos plate-bande et ne pas déplacer vos vivaces, je conseille un apport de 5cm de mon compost autour des plants et deux cm de mulch de BRF Feuillu. Tous sont d'accord de dire que le résultat est visible immédiatement. Les commentaires sont les suivants : « Est-ce possible d'avoir eu de tels changements en seulement deux semaines ». Une agronome a vu le sol d'un potager de ses amis complètement transformé en humus en une seule saison, alors qu'elle partait de sable quasi stérile et sans vie. Son potager était un succès dans la même saison. Des jardiniers passionnés qui ont des décennies de pratique me témoignent de tels succès, richesse et abondance, trois fois plus de floraison, deux fois plus longtemps, pas de pucerons, pas de doryphores dans les pommes de terre. Un d'eux me mentionnait que son potager était infesté de doryphores alors qu'avec mes produits et techniques, il en a encore un peu mais c'est infime. C'est ainsi que les gens se le disent de bouche à oreille. La qualité entraîne la qualité.

Si vous utilisez au hasard les BRF sans considérer le milieu écosystémique, les résultats ne seront pas les mêmes. En se servant du BRF comme mulch en permaculture, vous orchestrez la vie dans une culture des meilleurs conditions possibles pour que la vie s’installe et se perpétue dans les meilleurs conditions qui soient. Il y a transport des champignons, principalement saprophytes du compost aux plate-bandes. Le fait de ne pas remuer la terre, en permaculture, et de recouvrir les plate-bandes et de les nourrir avec le BRF Feuillus assure la continuité de la vie des champignons et font définitivement partie de la chaîne de bonification de notre MILIEU d’un sol vivant. Les haies et brise-vents assurent également l’installation et une réserve de mycélium pour leur milieu propre ainsi que  pour les cultures adjacentes, surtout s’ils sont recouverts de BRF Feuillus.

Les nouvelles buttes étant montées, avec mon compost et paillis de BRF en mulch permanent, on va favoriser et développer les mycorrhizes déjà en place. On peut aussi introduire les mycorrhizes arbusculaires, par exemple du type Glomus, adapté aux cultures, toujours dans un tel milieu écosystémique, lorsque leur population est faible ou simplement absente. … »Because ectomycorrhizal mycelium grows beyond the plant’s, it brings distant nutrients and moisture to the host plant, extending the absorption zone well beyond the root structure. The mycelium dramatically increases the plant’s ingestion of nutrients, nitrogenous compounds, and essential elements (phosphorus, copper, and zinc) as it decomposes surrounding debris. David Perry (1994) postulates that the surface area – hence its absorption capability – of mycorrhizal fungi may be 10 to 100 times greater than the surface area of leaves in a forest. As a result, the growth of plant partners is accelerated. Plants with mycorrhizal fungal partners can also resist diseases far better than those without. Fungi benefit from the relationship because it gives them access to plant-secreted sugars, mostly hexoses that the fungi convert to mannitols, arbitol, and erythritols.” (Stamets, 2005, p. 24.) 70% des plantes vasculaires peuvent vivre en symbiose avec les mycorrhizes arbusculaires. Orchestrer les bons mycorrhizes avec les bonnes plantes cultivées vous donnera de bien meilleurs résultats. Le support de base étant notre compost à base de BRF qui nous a servi à monter notre butte permanente. La vitalité du sol de ces buttes restera permanente si nous recouvrons ces buttes d’une couche permanente d’environ 2 cm de BRF feuillus qui crée le milieu ambiant écosystémique pour que la vie se conserve tout en redonnant la nourriture aux microorganismes dont les champignons.

Il y a formation naturelle d’hormones de croissance et d’antibiotiques. La résistance des plantes est fortement accrue. On peut produire souvent trois fois plus en temps, en qualité et en quantité par rapport aux cultures chimiques avec engrais de synthèse.

Ce système de culture bien géré nous donne un milieu de vie et des sols auto-fertiles , une merveilleuse rétention d’eau, soit peu ou pas d’irrigation artificielle, peu de déherbage. Je vais laisser parler Paul Stamets concernant l’efficacité des mycéliums contre l’érosion : « The length of the pictured thread of mycelium weighed .002 grams and held dowels weighing 6.079 grams, meaning that this rhizomorph supported 3,029 times its mass. When 90 percent of this rhizomorph was cut away, it still supported the wooden dowels, meaning that it can hold more than 30,000 times its mass. This places into perspective how tenacious mycelial mats can be when they infuse habitats with their cellular networks. This grip a habitat and hold it tightly, stabilizing and protecting it from erosion. (Stamets, 2005 p. 60).

 

Précompostage

À gauche (foncé) : précompost de quelques mois prêt à être utilisé.
Au centre, prêt de l’affineuse : BRF-Feuillu frais broyé et prêt à être utilisé en mulch.
À droite : nouveau mélange qui démarre son processus sans surchauffe.

 

Plate-bande 12 ans

Après 12 ans : sol de plate-bande toujours très fertile sans ajout additionnel de compost ou autre fertilisant,mais seulement en ajoutant une fine couche annuelle de BRF-Feuillu


Plate-bande 15 ans

Après 15 ans : sol de plate-bande toujours très fertile sans ajout additionnel de compost ou autre fertilisant, mais seulement en ajoutant une fine couche annuelle de BRF-Feuillu

 

Heuchera

 

 

 

 

 

 

Bouture d’Heuchera (sans racine) lors de la multiplication. Elle nous fournira un beau plant l’année suivante.

 

 

 

 

 

 

 

Plan de Ligularia dentata Othello

Jeune plant de Ligularia dentata Othello divisé il y a seulement environ un mois.Remarquez comment cette terre souple se tient bien. Déjà, les radicelles s’installent autour de ces nouvelles racines blanches.


Racines de Ligularia dentata Othello

Toujours jeune plant de Ligularia dentata Othello. Remarquez les nouvelles racines blanches qui n’ont qu’environ un mois. Spectaculaire! 8 jours après avoir mis en terre d’autres boutures (sans racine) de la même plantation,les nouvelles racines avaient déjà 12 cm tout autour de la bouture... C’est très bien parti!


Ligularia dentata Othello un an après sa division

Un plant de Ligularia dentata Othello un an après sa division.
Dans ce cas-là, il faut dire que c’est une racine mère, mais quand
même! Le terreau a été enlevé afin de montrer le développement
de son système racinaire. Un tel plan divisé donnera une bonne
vingtaine de nouveaux plants pour l’an prochain.


Je jardine avec les BRF depuis 1979 et, depuis le début, j’ai constaté que le sol … et les plantes gèlent moins l’hiver et le sol est plus frais l’été, comme en sous-bois. J’aimerais, encore une fois vous partager les commentaire de Paul stamets : « Many temperate mushroom species produce antifreeze glycoproteins that protect the mycelium form the harmful effect of water crystallizing into ice. These antifreezing agents also help prevent the soils from freezing, conferring protection to plants during extreme cold. In 2003, Hoshino and others filed a patent on the antifreezing polypeptides from several mushrooms. Additionally, soils infused with actively growing mycelium benefit from thermogenesis – the natural escalation of temperature – as the mycelium decomposes organic matter and releases heat, water and carbon dioxide.” (Stamets, 2005, pp. 65-66).

Je jardine donc ainsi avec les BRF depuis plus de 30 ans, j’ai ouvert mes jardins au public en 1988, pour devenir commercial. Je jardine 450 plate-bandes sur environ 2 hectares de culture intensive comptant plus de 1300 variétés de plantes horticoles  incluant notre potager domestique. Je reçois plusieurs centaines de camions de BRF Feuillus brut, ayant une moyenne d’environ 8 m3 par camion. J’ai développé mes propres prototypes d’appareils pour affiner le BRF Feuillus qui arrive grossier. Quand j’ai commencé, ce matériel allait, comme un déchet, dans les sites d’enfouissement, ou pire, à l’incinérateur municipal. J’ai fait l’éducation et je continue à le faire et c’est le terrain qui fait le reste dans le succès visible à l’œil nu. Les gens se le disent et m’envoient les intéressés. La vie de la nature et la nature des sols est une école incessante à étudier avec le plus grand émerveillement et dans la plus simple humilité joyeuse.

C'est ici avant tout mes jardins, un milieu de vie, un oasis de vie que nous conservons dans un milieu urbain. Il y a une application pratique de techniques innovatrices et pourtant naturelles, reproduisant différents caractères comme des étangs, un boisé, des jardins, un potager, et des humains qui peuvent y vivre. Il y a là une source d'inspiration pour que chacun puise ce qui lui convient et l'applique à sa façon, dans sa propre vie et puisse vivre mieux simplement, naturellement.

Bonne communion avec votre milieu de vie et que cette fertilité vous apporte l’abondance respectueuse des cycles et que ces sains plaisirs s’installent en vous et autour de vous en beauté.

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Jacques Hébert
Jardinier et propriétaire des Jardins Vivaces à Québec

Pour en savoir plus visitez mon site
www.jardinsvivaces-livegardens.com

 

Référence :

Mycelium Running; how mushrooms can help save the world. / Paul Stamets. Berkeley: Ten Speed Press, 2005, 343pp.
Glomalin: hiding place for a third of the world’s stored soil carbon./ Wright, Sara F. In Agricultural Research Magazine, vol. 50, no. 9, September 2002

Paul Stamets présente 6 manières de changer le monde avec les champignons. Le mycologue Paul Stamets dresse la liste des 6 moyens de sauver l'univers avec les mycéliums des champignons : dépolluer les sols, créer des insecticides, traiter la variole et même la grippe, etc.